Il ne me reste que mon corps et sa douleur sourde, son echo…

Je veux me recroqueviller, me balancer d’avant en arrière pour oublier, que le corps s’apaise, que l’émotion intense et sans objet retombe.

Je veux mourir.

Hurler.

Pleurer.

Impossible.

La pression est là, prêt à craquer, rien n’y fait. J’aimerais juste quelques larmes.

Il est 7h du matin.

Je n’ai pas envie de travailler.

J’ai parfois l’impression que la douleur m’emporte, sournoisement, petit à petit. Toujours là. Toujours là.

Lentement, je me dégrade, dur de penser, dur de créer, dur d’être moi

Dans les pires jours, j’ai quelques moments de calme

Ils sont rares.

Je chéris la sérénité. Avant, elle venait tard le soir, quand la journée était passée, je contemplais la nuit sans contrainte, le lendemain me paraissait loin, j’avais tout le temps, et rien ni personne ne venait m’ennuyer.

Comment retrouver ces moments ? Plus souvent…

L’anxiété nourrit la douleur, la douleur nourrit l’anxiété

J’aimerais, sur demande, me couper du monde. Numérique, physique, peut-être même mon corps. Surtout mon corps. Oublier que j’existe pour mieux penser, créer ou juste me reposer. Mon corps m’appelle, se rappelle à moi, dring, dring, la sonnerie de ma douleur qui vient sans cesse m’interrompre, dring, dring, réveille toi, pense à ça, toujours, toujours, les années passent et pourtant… Toujours, toujours.

Comment déconnecter ?

J’envie les fuites. Les corps légers. Et ce moment, dingue, inattendu, où tout se relâche, tout s’oublie, il ne reste plus rien.

Amis criminels, plus besoin d’attendre, pas de fascisation, le fascisme est là, et il tape fort

Désolé

Je rame, terriblement, pour parler des fins du monde, j’aurais aimé être bavard, décrire notre époque, mais je reste là, lâche et paralysé face à tout cela

j’ai relu mes notes de 2017, quand je gémis sur un monde qui se délite, de la montée de Le Pen et ses amis, mais non

j’étais

naïf

de croire que tout allait mal

2020, mes notes sur le covid, les confinements, ma peur de la suite, je critiquais ma naïveté de 2017

Moi de 2020, j’aimerais tant te parler de 2024

2024

Des écrasés par milliers, des guerres, et nous, qui par nos pensées devenons criminels lorsqu’on dénonce les massacres, les crimes de guerre, les génocides en gestation.

Je deviens dingue

je deviens marteau quand ils me disent qu’il faut choisir entre antisémitisme et mort de milliers d’innocents, car critiquer un état meurtrier ça cache forcément autre chose, hein, autre chose de plus sombre et terrible. Non, allez vous faire foutre, vous êtes les monstres, pas moi, vous les medias, vous les politiciens qui profitaient du pire, tous des fachos et je n’emploie pas ce mot au hasard, il a son sens ici, dans vos invectives, il a son sens, j’ai dit non à l’antisémitisme plus souvent que vous, les profiteurs d’horreurs, ce que vous aimez c’est taper sur les arabes, vous défendez ceux qui les appellent “vermines”, ça ne vous rappelle rien, ça ne vous rappelle rien ? Oui, ça vous rappelle tout cela mais rien à battre, vous n’écoutez même pas car ce qui importe c’est quoi, vous même, vos plans foireux: “sus à l’opprimé, sus à l’opprimé ! Morts aux enfants ! Morts aux innocents, AH MAIS NON, que dis-je, ce ne sont pas des enfants, pas des innocents, ce sont des palestiniens !”, hein, c’est ça, c’est ça ce que vous pensez, c’est quoi un palestinien ? Bah oui, c’est criminel de dire qu’un palestinien est un humain, que leurs enfants comptent autant que mes neveux et nièces, que vos enfants

J’ai besoin de hurler, mais j’arrive même pas à écrire vraiment ce que j’ai à dire tant j’ai peur. Personne pour défendre les militants anonymes qui brandissent des drapeaux de gaza et finissent en taule, finissent humiliés, aucun mot, on ne s’offusque déjà pas des attaques contre les personnalités de premier plan, que dire des autres. J’ai peur de ce que j’ai à dire, je me censure, voyez comme nos ennemis sont puissants.

Désolé pour cette époque de merde, désolé, amis criminels, vous aussi, les pires des pensées vous habitent.